Jésus est l’éclairage historique et le Christ en est l’élaboration mythique

Publié le par la rédaction

Le Jésus historique
 
Qui était donc réellement ce Jésus dont des milliards de gens célèbrent la naissance ?
On peut dire d’abord que Jésus a réellement existé. Les historiens ont démontré l’inanité de la théorie selon laquelle Jésus n’aurait été qu’un personnage mythique que l’Église primitive aurait cherché à valoriser en lui inventant une existence historique en chair et en os.
 
Il est réellement né d’une mère nommée Marie, probablement à Nazareth aux environs de l’an 4 avant notre ère. Les nombreux et riches détails qui brodent l’histoire de Noël : Bethléem, la naissance miraculeuse, les bergers, l’étoile guidant les mages venus d’Orient, le chœur de l’armée céleste, la fuite en Égypte, sont là pour de bonnes raisons théologiques et notamment pour établir un lien avec l’héritage religieux juif. Ils sont par conséquent importants mais ne sont pas des comptes-rendus de témoins oculaires
 
On peut affirmer que Jésus a vécu en Galilée, au Nord de la Palestine. Il a rejoint dans le désert le fruste prophète Jean-Baptiste, puis a commencé un ministère d’enseignement et de guérisons dans les villages galiléens. Sa prédication était centrée sur l’instauration concrète sur terre du royaume de Dieu. Elle était caractérisée par des formules vivantes et saisissantes prises dans la vie de ses contemporains : un fils prodigue, un semeur, une pièce perdue. Sa réputation de prophète et de sainteté se répandait : guérisons et miracles lui ont été attribués. Beaucoup de gens se sont sentis attirés par lui et certains sont même devenus ses disciples.
Aux environs de l’an 30 de notre ère, il s’est rendu à Jérusalem où il a été arrêté comme fauteur de troubles et mis à mort par les autorités romaines. Ses disciples en sont néanmoins arrivés à croire qu’il avait vaincu la mort et que son esprit les conduisait à répandre le message du royaume de Dieu.
La plupart des biblistes actuels considèrent que le Jésus historique était un maître de sagesse, un sage charismatique, un guérisseur, un homme de bien injustement exécuté.

Pourtant, depuis les origines, une quantité d’écrits sont allés plus loin que les seules données de l’histoire. Ses disciples se sont efforcés de trouver un sens à l’influence qu’il continuait à exercer sur eux. Ils ont interprété ses paroles et ses actes à la lumière du sens ultime qu’ils attribuaient à son identité et à son ministère et les ont mis par écrit dans un langage poétique, mythologique et religieux. C’est d’ailleurs pourquoi ses histoires éveillent une telle résonance dans nos cœurs.

Le titre de « Christ » résume à lui seul cette construction théologique. On peut d’ailleurs légitimement se demander s’il est vraiment la présentation développée de ce qu’a été le véritable Jésus historique.
Jésus a-il été également Dieu et homme ? Lorsqu’il parlait du « royaume de Dieu », pensait-il à une manière radicalement nouvelle de vivre notre existence actuelle ou à un cataclysme provoqué par une intervention surnaturelle de Dieu imposant sa loi sur la terre ? Les biblistes et les théologiens en discutent.
 
Quoi qu’il en soit, les premiers chrétiens se sont rapidement centrés sur le « Christ », dont la présence puissante était au cœur de leur foi. Mais on quitte dès lors la réflexion historique indiscutable pour entrer dans le domaine de l’expérience religieuse subjective.

Il faut conserver ces deux aspects en tension l’un avec l’autre : Jésus est l’éclairage historique et le Christ en est l’élaboration mythique.
Différentes conceptions de Jésus ont conduit au fil du temps à différentes représentation du Christ : chaque génération élabore sa théologie en fonction de ses propres besoins, de l’évolution de ses connaissances et de sa vision du monde.
Le théologien américain
John Dominic Crossan disait :
« Le christianisme doit, génération après génération, redécouvrir à sa manière et de son mieux l’identité du Jésus historique afin de pouvoir décider qui est le Christ pour nous aujourd’hui. »
 
Ian Harris, journaliste et chroniqueur,
Paroisse méthodiste de Dunedin (Nouvelle Zélande)
 
Traduction Gilles Castelnau
 
Publié dans l'Otago Daily Times, Dunedin (Nouvelle Zélande)
 
Texte original en anglais ICI
 
Lire aussi ► Le Jésus Historique, présentation des données, John Dominic Crossant
 
Source : Protestants dans la ville, le 9 août 2011
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