Jésus reste un homme ; il est entièrement humain

Publié le par la rédaction

A propos de la christologie
dans le théologie du Process
 
Dans « Introduction à la théologie du Process », John B. Cobb, extraits.
 
  • « L'appel du Christ peut être compris de façon mythique comme étant le commandement de Dieu. Mais il peut être démystifié sans que cela n'amoindrisse le rôle réel du Christ. L'appel du Christ enrichit à chaque instant notre existence des possibilités de nous réaliser nous-mêmes, de telle manière qu'il en résulte un bien pour nous-mêmes et pour les autres. Des possibilités, cela implique une tension entre ce qui est et ce qui pourrait et devrait être ; cela implique des besoins, des pulsions qui tendent à la réalisation de potentialités désirables ; cela implique aussi un espace pour la liberté humaine. Nous sommes libres de nous former nous-mêmes, à la fois par rapport à ce monde réel d'où nous venons et par rapport à ces nouvelles possibilités offertes à notre existence. Ce qui rend effectives ces possibilités, ce qui nous libère et nous remet en question, c'est la présence créatrice et rédemptrice du Christ. Le Christ est présent en tant qu'il est l'appel qui donne la vie, l'appel à être plus que ce que nous étions, à la fois pour notre propre intérêt et dans l'intérêt des autres. »
  • « Dieu est présent dans et pour chacun de nous. Mais pour la plupart d'entre nous, la plupart du temps, la présence de Dieu est atténuée par la manière dont nous nous actualisons et elle parvient rarement à un degré de conscientisation. En Jésus, par contre, l'actualisation de soi était, dans son essence, une ressaisie de Dieu totale et sans perte. En Jésus, Dieu est présent au degré le plus fort qu'une créature puisse incarner son créateur. Alors que Christ est incarné en tout le monde, Jésus est pleinement le Christ parce que son incarnation est constitutive de son être. L'ensemble de la vie de Jésus – telle que les Évangiles en ont gardé la mémoire – est une existence consacrée à l'exercice de cette fonction d'être Christ, d'être habité par cette action transformatrice et créatrice de Dieu. »
 
Analyse d'André Gounelle, professeur émérite de la faculté libre de théologie protestante de Montpellier :
 
  • « La structure d'existence de Jésus, c'est d'être Christ, d'être porté par cette force de transformation créatrice. Idée qui permet aux théologiens du Process de récuser l'idée d'une divinité de Jésus, de récuser l'idée que Jésus serait Dieu en lui-même, par sa nature (idée d'une nature, d'une substance divine). Et ce, pour la raison que l'on ne peut plus penser en terme de nature, de substance, comme ce fut le cas dans tous les grands textes des crédos, des conciles œcuméniques. Jésus reste un homme ; il est entièrement humain. L'incarnation tient précisément au fait que Dieu (faut-il dire dans sa nature conséquente ?) est humain. Cette incarnation ne nous renvoie pas à un événement extraordinaire mais à une dynamique qui traverse le réel et l'existence de chacun. L'incarnation c'est en chacun, en chacune, c'est Dieu qui ne cesse de s'incarner dans tout ce qu'il transforme, qu'il renouvelle. Jésus est Dieu dans le sens où il incarne « à la perfection » l'action transformatrice qu'est Dieu lui-même. Il n'est pas Dieu en soi ; il l'est parce qu'il est influencé, transformé, déterminé par la relation entretenue entre lui et ce Dieu. »
Source : Interne, extraits de « La théologie du Process, une théologie du devenir », Raphaël Picon
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