C’est l’humanité dans ce qu’elle peut produire de meilleur qui a crucifié Jésus !

Publié le par la rédaction

Pourquoi Jésus est-il mort ?
 
Passion du Christ et théologie sacrificielle
 
Le christianisme classique présente la mort de Jésus à partir du langage sacrificiel du Lévitique. Dieu ne pouvant pardonner aux hommes sans que la faute originelle et les péchés qui l’auraient suivi soient condamnés et expiés, il était indispensable au salut qu’une victime expiatoire innocente soit offerte en sacrifice pour le péché. Cette théologie, aux accents mythologiques, ne va pas sans assombrir le portrait de Dieu (qui devient pour l’heure un juge implacable et sanguinaire), ni sans dénaturer le message et l’enseignement du doux Rabbi de la Galilée. Il est urgent aujourd’hui que les chrétiens de la modernité élucident les mécanismes et les raisons qui l’ont engendré et réaffirment l’enseignement plus authentique de Jésus.
 
I  Prédication de Jésus et théologie sacrificielle
 
L’interprète de la Bible doit garder en mémoire que l’enseignement de Jésus ne s’identifie pas toujours avec les opinions des évangiles. Ceux-ci contiennent en effet l’enseignement de Jésus, mais également les croyances et les interprétations des premières communautés chrétiennes sur Jésus.
 
La distinction n’est pas toujours aisée, mais elle est essentielle, car les chrétiens d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement liés par les croyances de la deuxième ou troisième génération des chrétiens qui s’enracinaient d’ailleurs elles-mêmes dans le terreau des héritages culturels et religieux juifs et païens de leur temps.
 
En ce qui concerne l’interprétation de la croix, il va de soi que toute théologie de la Passion qui s’inscrit en contradiction de la prédication de Jésus, doit être regardée comme relative à l’enseignement postérieur des chrétiens ; y compris lorsqu’elle est placée sur les lèvres de Jésus au sein des évangiles. Or, pour évaluer ce qui s’accorde avec l’enseignement du Jésus historique, il faut évidemment essayer de discerner ce qui constitue le fond de sa prédication. Ce qui n’est pas une mince affaire et relève de l’exégèse et de l’interprétation (herméneutique).
 
II – Qu’est-ce qui constitue le fond de la prédication de Jésus ?
 
Les propos que les évangiles prêtent aux chefs religieux lors de l’interrogatoire de Jésus, suggèrent que le prophète galiléen représentait une menace radicale pour le temple et donc pour leur religion (Marc 14).
 
Ils n’avaient de fait pas tort puisqu’au lieu de représenter Dieu comme un juge tout puissant qui exigeait que l’on soit en règle avec sa justice et ses règles, Jésus le présentait comme un Père céleste débonnaire qui fait grâce et qui regarde plus au cœur des gens qu’à leurs pratiques religieuses.
 
Par ses paraboles, telles celles : du fils prodigue  où le fils est accueilli et gracié sans réparation préalable de ses fautes ;
- par la proclamation publique du pardon de Dieu adressé aux pécheurs, aux paralytiques, aux péagers et à tant d’autres personnes considérées comme iniques par les chefs religieux de son temps ;
- ou encore par le geste symbolique de la purification du temple, où il fit s’échapper les animaux des sacrifices pour signifier que Dieu ne voulait ni sang, ni sacrifice ; Jésus semble avoir laissé entendre que nul n’a besoin de temple, de prêtres, de médiation, de sacrifices pour être réconcilié avec Dieu. Seule la foi rapproche l’homme de Dieu !
 
Aux vues de ce message qui se dégage des évangiles, le Jésus historique a donc fait œuvre de réformateur. Si la catégorie du Père était déjà quelque peu employée pour désigner Dieu dans la Torah, Jésus en fait le cœur de sa théologie et de sa compréhension de Dieu. Dieu Père des hommes qu’il aime tendrement. Il invite tous les hommes à laisser tomber leur peur du sacré et la représentation du Dieu Juge et implacable. Et à se réconcilier simplement avec lui.
 
Tel est en résumé l’enseignement du Jésus historique et c’est en raison de cette prédication si dérangeante pour leur religion que les chefs religieux ont résolu de le faire exécuter.
 
Jésus est mort pour avoir mis en cause les prétentions de la « religion » à se donner comme une institution indispensable pour être en règle avec Dieu et sa justice divine prétendue implacable.
 
Faire de Jésus une victime expiatoire exigée par un Dieu Juge intraitable qui ne peut pardonner aux hommes sans qu’il y ait sacrifice sanglant est par conséquent un comble. Car l’idée que Dieu exigeait la souffrance et la mort d’un innocent pour satisfaire sa justice s’oppose radicalement à l’enseignement du Jésus historique sur la grâce.
 
Comment expliquer que les premières communautés chrétiennes et donc les auteurs du Nouveau Testament, aient appliqué à la croix, dans quelques passages1, les catégories sacrificielles du Lévitique ?
 
III Comment comprendre les formules sacrificielles du Nouveau Testament ?
 
Il est historiquement vraisemblable que l’interprétation sacrificielle de la croix de Jésus a été commandée dans le mouvement chrétien primitif par la nécessité apologétique de valoriser la croix et la mort de Jésus pour deux raisons :
 
1) Les juifs fidèles aux synagogues considéraient que la mort infamante de Jésus sur la croix prouvait qu’il n’était pas le Messie. Comment Dieu aurait-il pu laisser mourir son élu ? Le Psaume 2 n’annonce-t-il pas la victoire du Messie sur les nations ? Comment Dieu aurait-il laissé les romains exécuter son fils (le terme Fils de Dieu est un titre royal que portaient les rois de Judas. Il ne signifie pas « être divin » mais « Roi ») ?
 
2) L’autre raison relève de la persistance de la loi juive au sein du milieu chrétien primitif.
Le livre des Actes et les épîtres, ainsi que les sources historiques profanes, montrent que les premiers chrétiens perpétuaient en leur sein les pratiques cultuelles de la religion juive. C’est même ce qui opposait Paul au judéo-christianisme de Jacques (Ac tes 15 ; Galates 2, 11). Or, durant les cinquante premières années du christianisme primitif, c’est le courant de Jacques, celui de l’Eglise mère, qui dominait (Actes 21, 17-26).
 
Constituées de judéo-chrétiens, les premières communautés chrétiennes, dont la Torah était le livre de référence, héritaient du cadre religieux, intellectuel et théologique du judaïsme. De fait, le judéo-christianisme de Jacques respectait les règles alimentaires, les fêtes du Lévitique, ainsi que les croyances sacrificielles.
 
Le courant de Paul était minoritaire et marginal. Comment faire comprendre aux judéo-chrétiens que l’enseignement du Christ sur la grâce mettait un terme à la Loi mosaïque ? Comment les persuader de révoquer des pratiques religieuses et un cadre de pensée qui s’imposaient à eux depuis l’enfance ?
 
La solution de Paul, mais aussi celle des docteurs qui ont formé l’apôtre (1 Corinthiens 15, 3), celle de Pierre, celle des théologiens du milieu d’où sortit le quatrième évangile et surtout celle de l’épître aux Hébreux qui s’adresse aux judéo-chrétiens, fut de présenter la croix comme substitut de la théologie sacrificielle juive2.
 
La présentation de Jésus comme « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », ou encore comme la « rançon » ou comme l’image du « bouc émissaire » prenant sur lui les péchés du peuple de Dieu, permettait de mettre un terme aux pratiques sacrificielles juives ; ainsi qu’à la pratique de la circoncision puisque toute la loi était désormais accomplie.
 
La théologie sacrificielle de la croix comportait ainsi une visée apologétique et constituait un langage de transition à une époque où les chrétiens sortaient du cadre cultuel de la religion traditionnelle.
 
L’exemple type de ce langage transitionnel nous est fourni par l’épître aux Hébreux qui présente précisément la croix du Christ comme l’événement qui met un terme aux pratiques sacrificielles juives3.
 
Le problème c’est qu’en devenant religion officielle de l’empire romain au début du quatrième siècle, l’Église chrétienne a peu à peu réintroduit en son sein les caractères de la religion traditionnelle, c’est-à-dire la prêtrise et le sacrifice (via l’eucharistie) qui structuraient le judaïsme biblique et les religions païennes de l’Empire romain. Du coup, plutôt que d’être compris comme un langage de transition destiné à faire évoluer les premiers chrétiens imprégnés par leurs anciennes religions sacrificielles, le langage sacrificiel de la croix fut récupéré au premier degré pour justifier la prêtrise et la notion de sacrifice eucharistique.
 
IV – Repositionnement éthique et logique
  
Il reste que l’idée que Dieu puisse exiger la souffrance et la mort d’un innocent pour satisfaire sa justice est philosophiquement et théologiquement immorale et contradictoire.
 
1) Elle est immorale, car, quelle justice y aurait-il à ce qu’un innocent meure à la place des coupables ? On évoque parfois la nécessité de « satisfaire » la justice de Dieu, mais de quelle justice parle-t-on ici ? On plaque sur Dieu la représentation d’un juge implacable vengeur et sanguinaire dont la loi est au-dessus de tout, même de la vie de millions de personnes. Dans cette perspective, ce n’est pas le sabbat qui est fait pour l’homme, mais l’homme pour le sabbat. Et malheur à qui l’enfreint. Certes, c’est bien la représentation de Dieu que se fait le Lévitique, mais est-ce bien le Père dont nous parle Jésus ? Toute la prédication de Jésus retransmise dans les évangiles consiste à dire que Dieu est Tout-Autre que le Dieu méchant de la religion traditionnelle, et c’est d’ailleurs ce qui fait aboutir la Révélation ; ce pourquoi Jésus « incarne » la Parole divine !
 
2) Elle est aussi contradictoire, car Dieu interdit le meurtre, particulièrement celui des innocents, comment ordonnerait-il la mort d’un innocent à la place des coupables ?
 
Dieu réclame en outre que nous nous pardonnions gratuitement et même que nous pardonnions à nos ennemis sans contrepartie, pourquoi la règle ne vaudrait-elle pas pour lui ?
 
On pourrait multiplier ainsi les exemples qui soulignent que la théorie sacrificielle de la croix, même si elle a pu être soutenue par Paul (Romains 3, 23) ne résiste pas à la prédication du Jésus historique, à l’Évangile de la grâce, qui proclame le salut par la foi en Dieu seul, non par la foi en un sacrifice !
 
V – Essai d’interprétation
  
Dans cette perspective, le langage sacrificiel que certains passages du Nouveau Testament emploient à propos de Jésus, ne doivent pas être pris à la lettre, mais comme autant de tentatives de faire cesser au sein de l’Église les anciennes pratiques juives et réorienter le culte.
 
Quel sens les chrétiens doivent-ils discerner, aujourd’hui, au travers du scandale de la croix du Christ ? Et quelle fonction exerce cette croix pour le monde ?
 
La mort de Jésus est avant tout la mort du juste, de l’innocent « sacrifié » aux logiques et aux intérêts supérieurs des puissants. Pour Paul, qui n’en reste pas dans ses épîtres à la seule explication sacrificielle reçue lors de sa catéchisation (Romains 3, 23) la croix signe l’échec des systèmes religieux et de la morale sociale dans leur prétention à la vérité divine (1 Corinthiens 1-2).
 
En effet, ceux qui ont condamné Jésus, l’innocent, le juste, ce ne sont pas les bandits, les gens de mauvaise vie, la racaille, mais bien les chefs religieux qui se targuaient de connaître et d’enseigner la volonté de Dieu ; ainsi que leurs alliés dans cette affaire : les autorités romaines qui se flattaient de n’être pas barbares mais instruites et cultivées dans la fine fleur de la culture héritée des Grecs. « Les Juifs demandent des miracles », écrit Paul « et les Grecs cherchent la sagesse, nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés tant Juifs que Grecs, Christ (est) puissance et sagesse de Dieu » (1 Co rinthiens 1, 17ss).
 
Dans ce passage de la première épitre aux Corinthiens, la sagesse des Grecs évoque pour Paul le plus haut degré de la culture humaine. Tandis que la religion juive de son temps, soucieuse à l’excès de justice et de sainteté, représente le plus haut degré de conscience religieuse parmi les hommes.
 
Du coup, c’est l’humanité dans ce qu’elle peut produire de meilleur qui a crucifié Jésus ! La preuve est ainsi faite, que lorsque l’homme prétend trouver la vérité par lui-même, il passe à côté de la vérité de Dieu. Que ce soit sur le plan de la sagesse ou sur celui de la religion quelle qu’elle soit d’ailleurs, l’homme qui absolutise sa vérité crucifie la vérité de Dieu.
 
La croix invite donc les hommes à ne pas se faire dieux à la place de Dieu, mais à se mettre à l’écoute de Jésus qui révèle Dieu comme jamais personne n’en a parlé dans l’histoire et qui nous libère de nos ténèbres et de la culpabilité en nous introduisant dans une nouvelle relation avec le Père de qui toute créature tire son être.
 
Sur un plan plus liturgique, qui fait d’ailleurs droit au langage sacrificiel du Nouveau Testament, la croix représente le « prix » que Jésus a payé pour avoir été jusqu’au bout de son message.
 
Dans cette perspective on dira que Jésus a véritablement « sacrifié » sa vie pour faire entendre la Bonne Nouvelle du Royaume aux hommes prisonniers d’une image de Dieu inadéquate. Et que son « sang » marque assurément la Nouvelle Alliance en son Nom ; une Alliance de grâce où Dieu est reconnu enfin comme le bon Père céleste et non plus comme le juge implacable et cruel de la mythologie.
 
C’est  ainsi que Jésus nous rachète de l’ancienne manière de vivre par son « sang ».
 
Jésus aurait pu en effet négocier avec les chefs religieux, revenir sur ses déclarations, sauver sa vie. Il a préféré aller jusqu’au bout de ses idées théologiques, pour que ses disciples sachent que la foi en la grâce de Dieu est non négociable, car c’est elle qui libère l’homme de ses fautes.
 
Jésus a ainsi donné sa vie « pour nous », c’est-à-dire, pour que son puissant message de grâce ne soit pas galvaudé par une rétractation frileuse, mais qu’il soit répandu de par le monde et que ses disciples soient réconciliés avec Dieu pour une vie nouvelle libérée de la peur.
 
Conclusion
 
Le fait que le message de Jésus fut lié par les deuxième et troisième générations de chrétiens avec la mentalité de l’univers mythologique de l’Antiquité, ne signifie pas que le christianisme moderne soit lié par cet univers mythologique. Les chrétiens du vingt-et-unième siècle sont au contraire fondés à dégager l’Évangile de Jésus de l’univers mythique et médiéval de la théologie classique, afin de le transmettre aux femmes et aux hommes de la modernité. S’il faut choisir entre le message et l’enseignement de Jésus et le message et l’enseignement des églises et des chrétiens sur Jésus (fussent-ils auteurs d’un document biblique), je choisirai en tout cas pour ma part l’enseignement et le message du Maître !
Bruno Gaudelet, pasteur,
le 16 mars 2012
 
Source : Église réformée de Neuilly (membre de l'Église protestante unie de France – EPUdF)
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Notes :
 
1 Outre l’épître aux hébreux qui en fait l’un de ses thèmes majeurs (nous verrons pourquoi), les références bibliques ne sont pas si nombreuses que cela : Sang du Christ : 1 Pierre 1 : 2 ; 1 :19. 1 Jean 1 : 7 et 5 : 6. Apocalypse 5 : 9. Expiation : Romains 3 : 25. Christ mort pour les péchés : Romains 5 : 6, 8, 10 ; 1 Corinthiens 15 : 3 ; 2 Corinthiens 5 : 15 ; Galates 2 : 21 ; Colossiens 1 : 22 , 1 Thessaloniciens 5 : 10 ; 1 Pierre 3 : 18. Quelques références ont pu m’échapper, mais les textes essentiels sont cités.
2 Hébreux 2 : 9, 14, 17 ; 9. 12-14 et 9 : 18 – 25, 26 ; 10.4, 12 ; 19, 29 ; 11 : 28 ; 12.24 ; 13 : 12 et 20.
3 Hébreux 8 à 10 et particulièrement 10.1 et 18. A quelles lois mosaïques se relie la théologie sacrificielle de la croix ? Les auteurs ne se référant pas à la loi des expiations impliquant des particuliers comme cela est stipulé en Lévitique 4, c’est vraisemblablement l’expiation de kippour qui lui sert de référence, ainsi que les rituels de la célébration pascale (Sur le rapprochement de la théologie de Paul avec kippour ou le sacrifice pascal voir Xavier Léon-Dufour, Face à la mort Jésus et Paul, op. cit., p. 205-208.). L’épître aux Hébreux, rédigée par un disciple de Paul, confirme ce rapprochement. L’auteur y reprend précisément le schéma du jour des expiations pour comparer Jésus au grand prêtre qui devait entrer une fois par an dans le sanctuaire (8.1ss) afin d’offrir le sang de l’expiation pour lui et le peuple (9.7). Jésus apparaît ainsi dans l’épître comme un souverain prêtre entrant à kippour dans le lieu très saint du sanctuaire céleste, non pour offrir le sang d’un animal, mais son propre sang. Le Christ joue dès lors le double rôle du prêtre et de la victime expiatoire en vue d’une Rédemption éternelle.
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andiran nathan 30/10/2016 17:54

La loi mosaïque est vue comme parfaite par le Christ lui même. "Je ne suis pas venu abolir la loi mais l'accomplir"dira t'il. Sa mort est voulue par la synagogue en premier lieu. Ce n'est pas Dieu qui sacrifie son fils mais bien les hommes ! Le sacrifice de Jèsus est une conséquence du refus de l'amour de Dieu. C'est la démonstration que le légalisme religieux est une perversion.Or cette perversion de la religion a été rappelée à plusieurs reprises dans les petits prophètes: "Ce à quoi je prends plaisir ce ne sont pas les sacrifices mais la bonté de coeur. Osée Et c'est Paul qui résume le mieux cela quand il déclarera que la Loi a été clouée à la croix, rendant, comme Girard le dira, justice au sacrifié et renvoyant toute la culpabilité sur les sacrificateurs.

Baur Christian 25/10/2016 18:43

En admettant que Jésus trinitaire est aussi Dieu, le scandale de la croix pourrait-il signifier que c'est Dieu incarné qui se sacrifie lui-même ? La question est posée.
L'article confond le mythique et le biblique. La théologie blblique ou la littérature biblique, bien qu'initialement provenant de sources simialires aux mythes, s'en dégage fortement dès l'Exode et les Tables de la Loi. Les théories développées par René Girard sont très explicites (au risque de se répéter souvent!) sur ce point. Ce n'est pas Dieu qui, objectivement, tue Jésus; ce sont les humains (pharisiens, scribes et peuple). Comment alors expliquer que trois jours avant, Jésus était acclamé, arrivant à Jérusalemn sur un âne, à l'image de Balaam ?
Le meurtre est un moyen humain de rejet.
Pour ma part, je n'ai pas lu que René Girardl affirme clairement le meurtre du Fils par le Père. Il analyse plus posément le fait des cycles et des emballement mimétiques qui - l'actualité en est pétri d'exemples quotidiennement ! - sont des formes modernes de sacrifices et de stigmatisation de boucs émissaires, qu'on le veuille ou non.