Dire ou ne pas dire le credo

Publié le par la rédaction

Adhérer au credo ?
 
Cette question devient aigüe pour les nombreux fidèles qui s’estiment exclus par la rigidité de l’Église. Et que faire des pasteurs qui déclarent ouvertement que telles ou telles affirmations des credo leur paraissent désormais inacceptables pour confesser leur foi personnelle en Dieu, en Jésus ou en la foi chrétienne.
Les évêques John Robinson (Angleterre), John Shelby Spong (États-Unis) et le professeur Lloyd Geering (Nouvelle Zélande) sont parmi les théologiens les plus connus à avoir dit que, pour eux qui se veulent membres chrétiens fidèles de l’Église, de nombreux points de doctrine ne sont désormais plus acceptables.
Il y a des milliers de membres d’Église qui ne peuvent plus adhérer honnêtement à certains articles de leur credo et il y en a bien davantage qui ont quitté l’Église à cause de certains points de doctrine, ce qui ne les empêche pas de vivre en disciples de Jésus.
Ce n’est donc pas suivre l’exemple et l’enseignement de Jésus qui les trouble mais la description restrictive que fait l’Église de cette fidélité à Jésus ou à la compréhension de Dieu.
 
Mais le monde a changé. Les connaissances ont explosé, tant de nous-mêmes en tant qu’humains que de notre univers.
En même temps notre conception de la connaissance et des preuves sur lesquelles elle est fondée a évolué.
Le langage dans lequel nos doctrines étaient exprimées depuis 400 ans est donc devenu problématique et gênant.
 
Certains voudraient néanmoins que les pasteurs qui soulèvent ces questions se taisent ou démissionnent de leur ministère afin de présenter une Église forte, unie et assurée de son message.
 
Si la raison d’être de l’Église est de donner une image immuable dans un monde qui bouge, elle a raison d’exclure ses contestataires. Mais si elle veut plutôt aider les gens à être des disciples de Jésus et à mener une vie chrétienne, il serait absurde de se priver de ses membres honnêtes et créatifs.
 
Maintenir l’idée qu’au 21e siècle, on n’est pas un véritable disciples de Jésus si l’on ne peut pas admettre les formulations antérieures au 17e siècle revient à exclure de plus en plus de gens et donc à promouvoir une Église de plus en plus incapable de répondre à leurs besoins spirituels. C’est aussi une trahison du ministère de l’Église dans la mesure où cela signifie que les doctrines traditionnelles sont plus importantes que les hommes.
Il y a encore des gens qui se contentent d’être membres d’une organisation religieuse monolithique, hiérarchique et autoritaire. Mais de plus en plus de gens s’en détournent.
 
L’Église va devoir accepter une certaine ouverture humble à l’égard des gens tels qu’ils sont.
 
Exiger la démission des prêtres et des pasteurs qui s’efforcent de présenter à nouveaux frais les vérités profondes et les anciennes conceptions serait une trahison du vrai rôle de l’Église qui est d’être au service du peuple et donc de Dieu et reviendrait en  même temps à s’engager sur la voie rapide de la perte de toute crédibilité.
 
Donald Feist, pasteur de l'Églie presbytérienne de Dunedin
(Nouvelle Zélande)
 
Traduction : Gilles Castelnau
 
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