Le temps est à la solidarité

Publié le par Catherine Zuber

Pour que l’humain entame
des processus de changement
 
Comment faire ? Comment faire comprendre à ces hommes (qui ont sans doute mal à leur cœur) que toutes ces victimes sont innocentes ? Comment leur faire toucher du doigt que ces femmes, ces enfants, ces hommes ont le même sang, que nous ne sommes qu’UN ? Que nous avons peut-être les mêmes rêves ? Le rêve d’un monde plus juste, plus humain ! Comment leur faire comprendre que leurs actes ne font qu’accentuer la discrimination de « leurs frères et sœurs montrés du doigt » ? Comment ne pas être tétanisé par la peur ? Comment ne pas sombrer dans la loi du talion et dans le cercle vicieux de la haine, de la violence ?

Autant de questions à se poser pour éviter un futur qui prendrait une teinte d’enfer.
Nous l’avons déjà dit, nous pensons que seul l’amour, la compassion nous sortira (peut-être) de ce cercle vicieux, mais force est de constater que la tâche, meurtres de masse se succédant, va être difficile.

Cette fois, c’est un symbole fort. Le 14-Juillet. Bien sûr, on peut discuter d’une partie de sa symbolique : le défilé, les feux d’artifice, la Marseillaise, etc. Mais, le 14-Juillet, c’est aussi une fête populaire. De Nice à Sarzeau en passant par Paris ou Dunkerque, les mêmes sourires sur les lèvres, des petits comme des grands, de toutes les origines, pendant les bals et les feux d’artifice, chaque année. C’est aussi un emblème de la res publica, cette façon de faire société, que l’on peut comprendre comme une forme du bien commun. Tuer des innocents en ce jour, c’est définitivement refuser toute notion de sacré ! Comment faire société sans sacré ? Comme le rappelle Régis Debray, « si tout est sacré, nous sommes congelés, si rien ne l'est, nous sommes liquéfiés. Tout est dans le dosage. La République savait y faire. Elle ne sait plus aujourd'hui. »

Alors, après cette nuit du 14-Juillet, plus que jamais, nous devons travailler encore et encore pour que l’être humain, dans sa complexité, ses troubles, entame des processus de changement. Car, écologiques ou sociétaux, ce sont les mêmes processus, extrêmement complexes, subtils : faire comprendre que ces voies sont des impasses, avec, au bout, un mur. Et pour éviter le mur, il y a nécessité de changer sa perception du monde, sa carte mentale sans pour autant sombrer dans la dictature.

Le défi est immense, mais, tel un bateau dans une tempête, ce serait une erreur de croire que laisser filer la barre nous mènerait à bon port. Entre cap à tenir et bienveillance pour l’équipage, le temps est à la solidarité. Tout le monde doit rester à bord pour éviter un naufrage collectif !

Pour toutes les familles et les proches des victimes, nous avons des pensées aussi apaisantes que cela est possible.
Pascal Greboval,
rédacteur en chef de Kaizen
 
Source : Kaizen Magazine, le 15 juillet 2016

Publié dans Billet, Pascal Greboval

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