Il n’y a pas de récits de la résurrection de Jésus dans les évangiles

Publié le par la rédaction

La résurrection
 
Il n’y a pas de récits de la résurrection de Jésus dans les évangiles. On nous dit que Jésus va ressusciter, qu’il est ressuscité, mais jamais qu’il ressuscite. On y trouve en revanche des récits du tombeau vide. Paul, dont la théologie est pourtant centrée sur la croix (mort et résurrection) et dont les textes ont été écrits avant les évangiles, n’en parle pas. Nous aimerions parfois trouver avec le tombeau vide une preuve de cette résurrection, mais où serait alors notre foi ? Il ne faut pas dire « je sais » là où en réalité « je crois ». Nous sommes toujours tentés par le confort de la preuve. Nous aimerions tant croire sans plus avoir à croire ; et objectiver la résurrection. On aurait certes pu filmer la mort de Jésus, mais non pas sa résurrection. Les évangiles sont des confessions de foi ; il ne sont pas des biographies de Jésus.

Je ne cherche pas Jésus parmi les morts (« Il n’est pas ici », Lc 24,6), mais au milieu des vivants. Ma foi vide ce tombeau de toute réalité. Le vrai miracle de Pâques, c’est notre foi. Le tombeau vide n’en est pas la cause, mais bien la conséquence.

« Il n’est pas ici ». Il ne peut être non plus enfermé dans nos mots, nos définitions, nos concepts et nos doctrines. Jésus ne se laisse pas emprisonner.

La mort de Jésus n’est pas l’œuvre de Dieu (rédemption, expiation) ; elle devient son œuvre à travers la résurrection. Ainsi triomphe le dynamisme du Dieu créateur. D’ailleurs, tout l’Évangile nous montre en Jésus Dieu qui lutte contre les puissances mortifères du mal, des maladies, de la mort.

Je ne crois pas à la résurrection parce que le tombeau est vide, mais pour que tous les tombeaux le soient, pour dire non aux échecs, à la tentation du désespoir, à la résignation, au fatalisme, à la solitude, aux condamnations culpabilisantes, aux injustices.

Nous ne sommes pas des captifs prostrés devant la croix et redoutant la transcendance accusatrice d’un Dieu sanguinaire et vengeur. Nous ne sommes pas réduits au néant de notre condition pécheresse et mortelle. Face à la croix, nous sommes les enfants d’un Dieu Père qui trouvent en lui une source de confiance, d’espoir et d’action, une force de révolte, de vie.
 
Laurent Gagnebin,
Professeur émérite de la Faculté libre de théologie protestante de Paris
 
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